Marc Alberghina « LA CIGALOISE »

Le musée d’histoire et de céramique biotoises accueille Marc Alberghina :

du 16 mai au 13 septembre 2026

Le projet, nommé La Cigaloise revisite les techniques emblématiques de la céramique provençale des Trente Glorieuses et propose une réflexion contemporaine sur le temps et le vivant à travers la figure de la cigale.  Une scénographie immersive permettra le dialogue des œuvres avec l’architecture et le patrimoine du musée invitant à une expérience sensorielle et méditative.
L’installation imaginée par Marc Alberghina pour les espaces du Musée de Biot sera présentée à l’occasion du 30ᵉ anniversaire de l’association des amis du musée, du 16 mai au 13 septembre 2026.
La cigale, emblème de Provence, symbolise la joie insouciante et l’éphémère. Elle devient ici une métaphore du rapport entre l’homme et le temps de la planète.

Marc Alberghina

Marc ALBERGHINA est né en France, dans la Mayenne, le 31 mars 1959 à Laval. Il arrive à Vallauris à l’âge de sept ans. C’est dans la cité de la céramique qu’il se forme au tournage et se nourrit des ambiances des ateliers d’époque.

Sa démarche artistique dans un premier temps le pousse à s’affranchir de la terre, il utilisera d’autres matières, son style et ses installations s’inscrivent dans les codes de l’Art contemporain.

En 2010, il présente sa première oeuvre en faïence, pour la Biennale Internationale « Création Contemporaine et Céramique » de Vallauris, un squelette grandeur nature dans un plat or, « Festin ». La pièce fait sensation...

Certaines de ses oeuvres ont été retenues par des collections publiques.

INFOS PRATIQUES

Exposition Marc Alberghina « LA CIGALOISE »

Musée d’Histoire et de Céramique Biotoises
9 Rue Saint-Sébastien
06410 BIOT

Exposition visible du 16 mai au 13 septembre 2026
du mercredi au dimanche

Horaires
Du 1er octobre au 30 juin : 14h-18h
Du 1er juillet au 30 septembre : 11h-18h

Tarifs
4 euros plein tarif
2 euros demi tarif

Disours d'inauguration de l'exposition

Exposition La Cigaloise de Marc Alberghina 16 mai 2026

Monsieur le Maire, Madame l'Adjointe à la culture, mesdames et messieurs les adhérents, mesdames et messieurs,

Biot, terre volcanique

Si le monde est un feu éternel vivant, Biot n’est pas un lieu emblématique des arts du feu par hasard, la terre de Biot est une terre façonnée par les éruptions volcaniques, une terre généreuse.

Une terre nourricière, irriguée par la Brague, qui a permis pendant des siècles une agriculture vivante : les oliviers, le blé, les cultures maraîchères et horticoles, une terre de savoirs faire paysans transmis de main en main, d’outils en outils, de génération en génération, avec fierté.

Une terre potière qui a donné naissance aux jarres de Biot – ces formes pures et puissantes, qui ont stocké et transporté l'huile d'olive et le blé de toute la région depuis le XVIème siècle. Des jarres dont le rayonnement a dépassé nos frontières, exportées jusqu'aux Amériques, témoins d'une culture qui a fait la réputation de ce village bien avant qu’on ne parle de Côte d'Azur.

La jarre utilitaire, au fil du temps, est devenue objet décoratif.  Le geste ancestral s’est renouvelé pour ouvrir la porte à quelque chose de nouveau notamment grâce à la famille Augé Laribé et à la poterie provençale.

Biot, terre d'accueil

Car Biot a toujours su accueillir.

Il y a dans ce village quelque chose d'indéfinissable: la beauté des paysages, la qualité de la lumière, l’authenticité des habitants, la vérité des partages – qui a attiré les créateurs comme un aimant. Céramistes, verriers, bijoutiers ont trouvé ici un village à taille humaine, une communauté, un art de vivre propice à la création.

Biot est ainsi devenu, au fil des décennies, un village foisonnant – un de ces rares endroits où la création n'est pas un secteur d'activité, mais une manière d'être ensemble.

L'association – une chaîne humaine

C'est dans ce contexte riche, dense, vivant, qu'une poignée de citoyens ont décidé dans les années 70 qu’il fallait préserver le patrimoine Biotois. Une conviction partagée : que les traces de ce passé potier, agricole, artisanal et artistique méritait d'être gardées et transmises.

En 1981 le musée a officiellement été créée, et le 21 mai 1996, l'Association des Amis du Musée de Biot a vu le jour sous sa forme actuelle.

A côté de l’association des amis du musée je voudrais rendre hommage à une autre association qui a, dans le prolongement de Mr Durbec, fait un travail remarquable pour préserver le patrimoine Biotois c’est l’association Arezzo et cela me permet de vous présenter mes excuses pour avoir oublié Véronique Torelli dans la liste des céramistes Biotois car elle a été très active dans l’association Arezzo.

Depuis 1996 Les présidents se sont succédés comme vous pouvez voir sur les affiches – les équipes ont changé, et cette continuité silencieuse, ce relais mémoriel constitue la vraie richesse de l'association : un engagement citoyen et bénévole.  La commune par ses locaux et ses subventions a toujours apporté son soutien à l’association. Qu'elle en soit ici sincèrement remerciée.

En 2005 ,  la création d'un espace d'exposition temporaire a permis au musée de devenir un lieu  où le patrimoine vivant peut s'exprimer, Depuis 2005,quarante-huit expositions  ont été réalisées,  quarante-huit rendez-vous dont la qualité est unanimement reconnue, l'association prend ici toute sa dimension : préserver les racines et chérir les nouvelles pousses ..C'est l'œuvre collective de toutes les équipes qui se sont succédées à la tête du musée, et nous leur rendons  aujourd’hui un hommage mérité.

Pourquoi Marc Alberghina  aujourd’hui

Pour ce trentième anniversaire, l'invitation faite à Marc Akberghina n'est pas un choix parmi d'autres. C'est une évidence. Son travail fait exactement ce que ce musée, depuis trente ans, cherche à faire : il relie.

Il est l'héritier des grandes heures de la céramique des années 60 et 70, cette période bénie où Vallauris et Biot rayonnaient, où la terre entre les mains des artistes portait quelque chose d'à la fois artisanal et révolutionnaire. Marc Alberguina connaît ces techniques, les pratique, les respecte. Mais il ne s'arrête pas là. Il leur fait porter un discours résolument contemporain. À travers la figure de la cigale – emblème provençal, figure solaire, il dit quelque chose de notre monde d'aujourd'hui.

Cigaloise – ce que les œuvres disent

L'exposition s’appelle La Cigaloise.

La cigale passe des années enfouie dans la terre pour ne vivre à l'air libre que quelques semaines. Un écho aux ressources que cette terre a mis des millénaires à produire et que nous n’avons mis qu’un siècle à épuiser.

Cigaloise comme la Gauloise cette cigarette qui se consume inexorablement, et dont il ne reste que cendre. Comme pour signifier notre jeunesse insouciante.

Et peut-être aussi un clin d'œil à Picasso, dont la maison portait ce nom et qui est à l’origine du renouveau de la céramique azuréenne, car lui aussi est venu chercher dans la terre ce que la toile peinait à dire.

Le travail de marc c’est une histoire de feu, de terre, de temps qui passe et de changement inéluctable comme celui des cônes pyrométriques que les céramistes placent dans le four pour mesurer la température exacte de la cuisson – des thermomètres de terre, en quelque sorte. Marc Alberghina  les détourne, en fait des bouquets de fleurs… Et le lien avec la cigale silencieuse est immédiat, presque physique : La cigale, celle que vous entendez  ou n'entendez plus,elle ne chante plus quand la chaleur devient excessive. Son silence est un signal. Un seuil franchi. Son silence nous dit ce que les rapports climatiques disent avec leurs chiffres.

Mais les œuvres de Marc ne sont pas un réquisitoire. Elles sont belles – d'une beauté qui résiste, qui tient bon face au monde qu'elles décrivent, une beauté qui ne capitule pas.

C'est cela qui est rare : que l'esthétique soit à la fois ancrée dans une tradition vivante et capable de rendre compte du temps présent. Ses cigales ne chantent pas l'insouciance. Elles témoignent. Mais le poète nous l’a dit et c’est sûrement pour cela que nous sommes tous réunis ici aujourd’hui « Dans nos ténèbres il n’y a pas une place pour la beauté, toute la place est pour la beauté » (René Char, Fureur et mystère, 1948)

Remerciements

Je voudrais terminer en remerciant tous ceux qui ont rendu cette exposition possible.

La maire de Biot,Jean Pierre Dermit,  par son soutien.

Mme Martine Aufeuvre, Adjointe à la culture pour sa disponibilité sans faille.

La Direction régionale des Affaires culturelles en la personne de Mme Vezillier pour son aide et son écoute.

Marc Alberghina, pour avoir accepté cette invitation, créé ses pièces magnifiques, imaginé une scénographie qui place le visiteur au cœur de l’œuvre.

Yves Monge pour son aide technique et sa disponibilité.

Les bénévoles de l'association, qui donnent de leur temps par amour de ce lieu et de ce qu'il représente. Les adhérents, présents ce soir et tout au long de l'année – sans vous, sans votre fidélité, rien de tout cela n'existerait.

L’équipe du musée, pour leur travail quotidien et leur engagement dans la durée.

Et sans oublier le Crédit agricole pour son aide

Et mon mari pour sa patience.

Catherine SENS MEYE PELLEGRINO

Présidente de l’association des amis du musée de Biot

On ne se bat bien que pour les causes que l’on modèle soi-même et pour lesquelles on se brûle en s’identifiant. René Char, Feuillets d’Hypnos